Trouver une entreprise de démolition en Picardie
En Picardie, la démolition commence rarement par la structure : elle commence par le sous-sol et par l'histoire du bâtiment. Carrières souterraines, muches creusées sous les villages, argiles gonflantes et reconstructions successives font que deux maisons voisines d'Amiens ou de Compiègne ne se traitent pas de la même façon. Voici ce qui structure réellement un chantier de déconstruction dans la Somme, l'Oise et l'Aisne.

Le sous-sol avant la structure
La craie et le calcaire de la région ont été exploités en carrières souterraines depuis des siècles, notamment dans le Soissonnais, le Laonnois et le Noyonnais. S'y ajoutent les muches, ces souterrains-refuges creusés sous de nombreux villages de la Somme. Une pelle de trente tonnes qui circule au-dessus d'un vide non reconnu provoque un fontis, et l'accident survient plus souvent pendant le repli que pendant l'abattage. La consultation des atlas de cavités et, en cas de doute, une reconnaissance par sondages ou inspection conditionnent le plan de circulation des engins et l'emplacement des zones de stockage.
Les argiles du Soissonnais et du Valois, sensibles au retrait-gonflement, réagissent aussi aux modifications d'hydrologie induites par une démolition : suppression d'une toiture qui drainait, arrachage de fondations, mise à nu du terrain. Sur une parcelle mitoyenne construite, ce changement de régime hydrique se traduit parfois par des fissures plusieurs mois plus tard, d'où l'intérêt d'un état des lieux contradictoire daté.
Brique, calcaire et bâti de reconstruction
La brique amiénoise, souvent hourdée à la chaux ou au mortier bâtard, se démonte proprement et fournit un gisement de réemploi recherché, à condition de la déposer et non de l'écraser. Les murs de moellons calcaires du Beauvaisis et du Noyonnais supportent mal le brise-roche mais cèdent bien au grignotage. Le pan de bois subsiste dans quelques centres anciens et appelle une dépose manuelle.
Les deux campagnes de reconstruction, après 1918 puis après 1945, ont laissé un parc très particulier : béton armé de première génération, enduits ciment, planchers à hourdis, parfois aciers de récupération et bétons peu dosés. La résistance réelle y est irrégulière et les plans manquent souvent. Une reconnaissance destructive limitée avant chantier vaut mieux qu'une mauvaise surprise en cours d'abattage.
Amiante, plomb et inventaire des matériaux
Le repérage amiante avant travaux couvre tout immeuble dont le permis précède le 1er juillet 1997. Sur ce parc reconstruit, les points sensibles sont connus : dalles de sol collées, colles bitumineuses, conduits, calorifugeages, plaques de fibrociment. Le résultat oriente le chantier vers la sous-section 3, retrait par entreprise certifiée, ou la sous-section 4. Le plan de retrait est déposé un mois avant démarrage auprès de l'inspection du travail, de la Carsat et de l'OPPBTP, avec confinement, empoussièrement attendu et protections collectives. Le bâti d'avant 1949, très présent, impose le constat de risque d'exposition au plomb.
Le diagnostic portant sur les produits, équipements, matériaux et déchets s'applique depuis le 1er janvier 2022, en application du décret du 25 juin 2021, au delà de 1 000 m² de surface cumulée et à tout local ayant abrité des substances dangereuses. Il oriente chaque flux vers une filière et se solde par un formulaire de récolement.
Autorisations et périmètres protégés
Le permis de démolir, articles R421-26 et suivants du code de l'urbanisme, s'impose quand la commune l'a instauré par délibération, en site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique et sur les immeubles protégés au plan local d'urbanisme. Les abords de la cathédrale d'Amiens, la ville haute de Laon, les centres de Senlis, de Beauvais et de Compiègne relèvent de ces périmètres, où l'avis de l'architecte des Bâtiments de France porte l'instruction à trois mois au lieu de deux. L'autorisation vaut trois ans, prorogeable deux fois un an, et le permis de construire vaut permis de démolir quand une construction succède au bâtiment abattu.
Réseaux enterrés et voisinage
Avant tout terrassement, la déclaration de travaux puis la déclaration d'intention de commencement de travaux passent par le guichet unique, selon la réglementation anti-endommagement de 2011, et se prolongent par le marquage-piquetage des réseaux sensibles. La coupure de l'électricité, du gaz, de l'eau et des télécoms doit être attestée par écrit par chaque concessionnaire. Dans les tissus en bande de Creil, d'Albert ou de Clermont, la démolition d'une maison de rang suppose un constat d'huissier préalable, un étaiement calculé, parfois une reprise en sous-oeuvre, et le traitement du mur mitoyen selon les articles 653 et suivants du code civil.
Matériels et modes opératoires
Le curage ouvre le chantier : dépose des menuiseries, cloisons, isolants, revêtements, réseaux et équipements, avec séparation des flux à la source. Suit la démolition de structure à la pelle à bras de démolition, équipée d'une pince de tri, d'une cisaille béton, d'un brise-roche hydraulique ou d'un grappin, par grignotage progressif. Les barres et tours de Creil ou d'Amiens réclament une pelle à long bras. En intérieur conservé, le robot télécommandé et la minipelle électrique évitent les gaz d'échappement, tandis que le sciage au câble diamanté et le carottage assurent les découpes sans vibration. Brumisation, bâchage, suivi de la vitesse particulaire et horaires fixés par arrêté préfectoral encadrent poussières, vibrations et bruit.
Déchets et valorisation
Le tri des sept flux est obligatoire, et la filière de responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction, en place depuis mai 2023, permet la reprise sans frais des déchets triés en point de collecte agréé. Les inertes partent en installation de stockage dédiée ou se concassent sur site en granulats recyclés, utiles en remblai et en couche de forme. La brique de réemploi trouve preneur localement. L'amiante voyage sous bordereau de suivi dématérialisé, et le coefficient de foisonnement du béton, de 1,3 à 1,6, fixe le nombre de rotations à prévoir.
Tarif des démolisseurs en Picardie
Une démolition mécanique classique, évacuation comprise, se situe le plus souvent entre 30 et 80 euros du mètre carré. Le curage seul se chiffre de 20 à 50 euros du mètre carré, et le retrait d'amiante ajoute couramment 30 à 100 euros du mètre carré selon le matériau et le confinement. Le comblement préalable d'une cavité ou un accès contraint pèsent davantage que la surface, tout comme le nombre de rotations et la distance à l'exutoire.
Sélection d'entreprises de démolition en Picardie
Attitude Environnement, basée à Estrées-Saint-Denis, intervient dans l'Oise et la Somme en déconstruction et en démolition, et pratique également le désamiantage ainsi que la collecte et le tri des matériaux de chantier.
Frias Jésus, à Dreuil-lès-Amiens, associe terrassement, démolition et curage, sur des chantiers de préparation de terrains, d'aménagements extérieurs et de démolition.
Scherpereel Travaux Publics, installée à Arvillers, couvre dans la Somme le terrassement, l'assainissement et les aménagements extérieurs, ainsi que la démolition et la viabilisation de terrain.
Eric Frias, à Pont-Noyelles, réalise terrassement, assainissement et puisards, et prend aussi en charge l'aménagement de terrains et les travaux de démolition.
Zones couvertes
Principales communes de Picardie : Amiens, Beauvais, Compiègne, Creil, Albert, Senlis, Clermont